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    1. INTRODUCTION             4


    2. CRÉATION EN COMMUN             7

  • 2.1 La culture libre             7
  • 2.2 Outil de Création en commun             8

    • 3. MÉMOIRE & ACCÈS À
      L’ INFORMATION SUR INTERNET             21

  • 3.1 Transformation de nos schémas de pensées :                22
        Le chaînon manquant
  • 3.2 L’expérience du paysage d’Internet :              26
        Survol itinérant
  • 3.3 Prise en main de la navigation sur internet              36

    • 4. (RÉ)INTERPRÉTATION DE CONTENU              42

  • 4.1 Anti-généalogie des informations              42
  • 4.2 Remise à zéro              52
  • 4.3 (ré)Activation des informations              59

    • 5. POUR CONCLURE              64


      6. ANNEXE             65

    < sommaire > < /sommaire >

    Mastère Design Global
    Recherche & Inovation

    Alison Rico
    2019
    TOME 1
    Culture Libre de l'Oubli / du Souvenir
    OUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLIlettersOUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLIletters OUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLI letters OUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLIlettersOUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLI OUBLIletters
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    Version web
    MODE D'EMPLOI

    Il est préférable d'utiliser le navigateur Google Chrome pour une version optimale du site internet.

    Pour des raisons d'impression, Le site n'est pas responsif, vous avez la possibilité d'opérer un zoom avant ou arrière afin d'adapter le format comme vous le souhaitez.

    Lorsque les différents éléments du site empêchent un bon visionnage des animations, il est préférable de les agrandir à l'aide des flèches situées en bas à droite de la vidéo.

    Enfin, il est recommandé de ne pas hésiter à déplacer votre souris sur l'écran, vous pourrez faire apparaître des informations supplémentaires ou bien percevoir ces informations avec un nouvel angle de vue.

    *
    *

    Il s'agit d'un site destiné à un format d'impression.
    Dans une démarche expérimentale, le site fait l'objet de mon mémoire de diplôme, tout en prenant part à mes recherches, liées aux techniques de détournement des outils propres à internet.

    letters

       INTRO-
             DUCTION

    Restitution

    Suite à l’évolution d’internet et au bouleversement de l’accès à l’information, avec la création du moteur de recherche google, ou bien la plateforme Wikipédia. Celle-ci à remis en cause des valeurs importantes de l’ordre social, de la gouvernance et de l’expertise en établissement de nouvelles bases sur lesquels repose la hiérarchisation de l’information. Ou encore Wikileaks qui a affecté des pratiques gouvernementales solidement ancrées. Et pour finir Facebook qui est devenu l’une des principales médiation entre les individus.

    Nous pouvons remarquer que les bases de données sont de plus en plus créées par le collaboratif, sous-entendu « la masse », qui engendre un réseau de neurones.

    Restitution
    Restitution

    " Comment détourner
    et concevoir le flux
    des plateformes et leurs interfaces, afin de palier à l’oubli sur internet ? "

    Restitution
    Restitution
    Restitution

    Nous aborderons la notion de culture libre initiée par Richard Stallman et les plateformes collaboratives sur le net, qui engendrent la création de lien communautaire sur internet et des bénéfices sur notre société. Nous verrons ensuite comment l’espace d’internet engendre des phénomènes de perte, laissant apparaître l'oubli à travers le renouvellement et les constantes réactualisations d’informations, privilégiant la rapidité autant dans la création que dans leur reception. De plus, nous verrons de quelle manière les informations sont constamment reformulées, sous l’influence d’imaginaires très différents. Avec notamment la création de nouveaux groupes d’appartenance qui ont pris naissance dans le numérique, comme le montre, le mouvement « poésie post-internet » inspiré des travaux de Kenneth Goldsmith, qui ouvre de nouveaux champ des possibles en puisant sa source dans la matière première d’internet. Il s’agit d’interroger l’industrialisation et la modernité, qui ont cherché à conditionner nos modes de vie et à enfermer la société dans des règles et codes, incités par la recherche d’une homogénéisation des lieux sociaux. Nous verrons qu’Internet crée une contestation de cette fixité de l’industrialisation en créant un nouvel échappatoire, tout en proposant un nouvel outil supplémentaire au formatage de nos modes de vie et de notre accès au savoir. Nous parlerons alors, d’une part, des bienfaits du vagabondage et de la dérive sur internet permettant la création d’un imaginaire collectif.

    Nous verrons à travers le livre « Circumnavigation, l’imaginaire du voyage dans l’expérience Internet » de Stéphane Hugon que ce que nous pouvons qualifier d’oubli n’est en fait l’effet du temps qui laisse voir non l’oubli mais le transfert progressif mental intériorisé par le promeneur. Puis nous parlerons des méfaits de ce vagabondage engendrant la perte et le survol des informations. Pour finir, Il s’agira de mettre en avant les outils propres à internet qui permette une réactivation de contenu, perdu dans l’accumula- tion d’informations, afin de retrouver leur traçabilité.

    Dans ce mémoire, il sera question d’aborder différents enjeux sociétaux comme, ceux liés au recyclage avec l’augmentation de la quantité d’informations liée à la surconsommation et à la surproduction de l'information qui alimentent notre environnement culturel et sociétal. En traitant la question de la réactivation, le sujet répond à des principes du recyclage, de la mémoire et de l’histoire. Des enjeux sociétaux liés à l’effacement des frontières entre les disciplines. Dans une société où les métiers sont en mutation, avec un croisement des différents domaines de plus en plus perceptible, ce sujet pourrait, en effet, s’inscrire dans une pluri- disciplinarité et transversalité des savoir-faire. Les enjeux attachés à la personnalisation, avec une société qui souhaite s’éloigner d’une forme de standardisation et d’universalisation. Et pour finir, les enjeux liés à la démocratisation de l’art. La création et la diffusion à la portée de tous (réseaux sociaux, Instagram...) faisant entrer la notion d’accessibilité. À travers ces differents enjeux sociétaux, nous nous interrogerons sur l’évolution d’internet et sur le phénomène de disruption technologique. Il devient important pour chaque individu, et en tant que designer, de prendre part à l'évolution. Cet écrit se propose d’analyser la place d’internet dans notre société et dans le rôle du designer en mettant en évidence l’évolution de la société vers une communauté. D’apporter une compréhension d’un espace qui se positionne entre le réel et le virtuel. Par la suite, tentant d’expliquer le paradoxe entre le partage, la création et l’accumulation d’information, il s'agira de mettre en avant l’importance du processus de création et de la collaboration, permettant à la société de comprendre ce qui l’entoure et de prendre part à cette évolution de manière active.

    Restitution
    INTRODUCTION
    Restitution
    INTRODUCTION
    Restitution
    INTRODUCTION
    Restitution
    INTRODUCTION
    Restitution
    INTRODUCTION
    Restitution

    CRÉATION
          EN     COMMUN

    LA CULTURE LIBRE

    Restitution

    La culture libre qui connait ses débuts dans la programmation de logiciel et qui de la même façon que la culture hippie, cherche à inventer de nouvelles manières de se lier aux autres sur des principes d’ouverture, de partage, d’autonomie et de production collective, s’étend aujourd’hui à de nombreux domaines. C’est Richard Stallman qui initie ce mouvement en prônant l’esprit du hacker. Richard Stallman est un informaticien américain né en 1953, il a lancé le mouvement du logiciel libre avec le manifeste du GNU qu’il rédige en 1985. Le projet GNU est un système d’exploitation libre basé sur l’idée que le codes source d’un programme puissent être partagés et modifiables par n’importe qui. Richard Stallman est également le président et fondateur de la Free Software Foundation et l’instigateur du concept de copylef. De nombreuses licences libres sont aujourd’hui basées sur ce concept, celles-ci doivent normalement être basées sur quatre libertés, qui sont, l’usage, l’étude, la modification et la redistribution. De plus, une création sous license libre à pour obligation de rester libre, elle doit être redistribuée sous le même type de licence afin de respecter son auteur.

    « Si j’apprécie un programme, j’estime que la Règle d’orb m’oblige à le partager avec ceux qui l’apprécient également. Les éditeurs de logiciel cherchent à diviser et à conquérir les utilisateurs en forçant chacun à accepter de ne pas partager avec les autres. Je refuse de rompre la solidarité avec les autres utilisateurs de cette manière. Je ne peux pas, en mon âme et conscience, signer un accord de non-divulgation ou de licence pour un logiciel. Pendant des années, j’ai œuvré au sein du laboratoire d’intelligence artificielle du MIT pour résister à ces tendances et à d’autres manquements à l’hospitalité, mais finalement ils sont allés trop loin : je ne pouvais pas rester dans une institution où ce genre de choses étaient faites en mon nom contre ma volonté. Afin de pouvoir continuer à utiliser les ordinateurs en accord avec ma conscience, j’ai décidé de réunir un ensemble de logiciels libres avec lequel je pourrai me débrouiller sans aucun logiciel non libre. J’ai démissionné du labo d’intelligence artificielle pour que le MIT ne puisse invoquer aucune excuse juridique pour m’empêcher de distribuer GNU gratuitement. » Richard Stallman
    Restitution
    Richard Stallman

    Restitution

    OUTIL DE CRÉATION
    EN COMMUN

    Avec la création de la Mondothèque en 1936, qui est une « station de travail à utiliser à domicile. Ce meuble était supposé contenir des travaux de référence, des catalogues, les prolongements multimédia de livres traditionnels tels les micro lms, la TV, la radio, et nalement une nouvelle forme d’encyclopédie: l’Encyclopedia Universalis Mundaneum.»
    Restitution
    Paul Otlet est le visionnaire d’internet. En voulant créer des réseaux entre les bibliothèques, il devient le créateur de l’hyperlien. Puis la première plateforme collaborative « The Whole Earth Catalogue » de Stewart Brand qui transpose l’esprit communautaire hippie vers des communautés numériques, apparaît et fait entrer le mélange des savoir-faire dans le partage d’informations. Dans cette idée de multidisciplinarité, on trouve notamment, la plateforme « Ubu web » créée par Kenneth Goldsmith qui propose de réinterpréter toutes formes d’oeuvres artistiques. De nombreuses plateformes collaboratives proposent une appropriation de son contenu à travers une approche inter-textuelle.

    Parmi elle, la revue « Future », qui cherche à faire taire la perpétuelle dualité fond/forme au profit d’une pratique globale, basé sur un principe de tissage avec la mise en relation de domaines différents. OSP (OpenSourcePushishing) n’utilise que des logiciels libres et open source pour la réalisation de leur projet. Ce collectif de design graphique Belge travail sur des alternatives de conception basées sur la technologie libre et souvent issues du web. Ce qui fait l’objet principal de leur réalisation est la dimenssion collaborative qui se materialise en invitant leurs utilisateurs à participer à leur création. On retrouve cet esprit de création collaborative dans le domaine de la typographie avec la licence SIL Open Font License, destinée à la création typographique. Les fonderies libres OSP-Foundry et Velvetyne, par exemple, propose le téléchargement libre de différentes typographies, qui ont, notamment comme particularité d’être parfois réalisées de façon collaborative, par différent designer qui travail ensemble sur la conception d’un caractère typographique.

    Cependant, lorsque la question du droit d’auteur qui empêche la reproduction d’une œuvre, se pose; il y a un endroit qui échappe à cette pression : le domaine public. Loraine Furter et Eric Schrijver s’intéressent de près à la question du droit d’auteur, nottament avec la création du manuel « Copy This Book » qui apporte un regard critique sur le droit d’auteur et qui propose de comprendre d’avantage ce qu’il engendre et comment il s’organise. À l’occasion d’un de leur projet ils ont travaillés avec les étudiants de MICA Baltimore, afin de relayer la richesse des ressources du domaine public en ligne en les cataloguant et en les interprétant. Enfin, pour imager cette notion de reproduction et ses multiples possibilitées d’adaptation et d’application, il y a l’exemple de David Cope qui a choisi de réinterpréter les données du net afin de créer une nouvelle œuvre artistique, «Mozart-style Sonata 2-1», 1997 avec la création d’un programme qui passe en revue les symphonies de Mozart et en crée une autre « à la manière de Mozart ».

    Restitution
    Plateforme Ubu Web -
    Keneth Goldsmith - Wikipedia
    Restitution Revue Future Restitution Restitution Restitution
    Restitution Open Source Publishing
    Restitution
    Restitution Typographie collaborative - OSP Restitution Restitution Restitution Restitution
    Restitution
    Plateforme Ubu Web -
    Keneth Goldsmith - Wikipedia
    Restitution Revue Future Restitution
    Restitution
    Restitution Restitution
    Restitution Open Source Publishing
    Restitution
    Restitution
    Restitution
    Restitution Typographie collaborative - OSP Restitution Restitution Restitution Restitution
    Restitution
    Restitution
    Restitution Restitution Restitution
    Restitution
    COPY BOOK

    Restitution
    PUBLIC DOMAIN
    Restitution
    Restitution
    David Cope -
    réinterprétation des synphonies de Mozart
    Restitution INTELLIGENCE ARTIFICIELLE
    Restitution
    Restitution
    Restitution
    Restitution

    La création en commun et les outils qui la rendent possible nous amène à nous interroger sur sa place dans notre société. Ivan Illich, considéré comme l’un des plus grands penseurs et critiques de la société industrielle, met en avant des points importants dans le texte « La convivialité ». Celui-ci explore les avantages d’un nouveau mode de production, éloigné du mode industriel qui place l’homme au service de l’outil.

    Ivan Illich imagine une société conviviale avec la mise en service d’une technologie qui tire le meilleur parti de l’individu et de sa créativité et non d’une technologie qui le démunisse de ses capacités personnelles.

    Une société conviviale a pour but de permettre aux individus de façonner les objets qui les entourent, de leur donner la forme souhaitée et de s’en servir avec et pour les autres, et cela, quand ils le veulent.

    L’ outil doit être facile d’utilisation par tous, il ne doit pas engendrer de différences sociales entre les individus. Il aborde notamment la notion de manque, produite par les objets et les outils de la société actuelle qui plaçent l’usager au rang de simple consommateur.

    « Le passage de la productivité
    à la convivialité est le passage
    de la répétition du manque
    à la spontanéité du don ».
    Ivan Illich - " La Convivialité "

    Dans l’esprit d’une société conviviale, on met en avant un processus de participation et de personnalisation afin d’éviter une homogénéisation et une standardisation des outils et de leurs emplois. À travers ce texte, Ivan Illich souhaite redonner la possibilité aux individus de rêver, et de reprendre le pouvoir sur l’outil. Il encourage une diversité des pratiques et des modes de vie afin de faire ressortir toutes les différentes cultures qui fondent le monde, loin des institutions dominantes et de l’industrialisation qui façonnent la société et ses modes de pensée. Ivan Illich met en avant le passage de la productivité vers la convivialité afin de voir l’outil comme un prolongement de notre être et non pas comme quelque chose de matériel à avoir. L’idée est de revenir à nos véritables besoins et à notre individualité en passant par une réappropriation de ses outils et en les mettant au service de notre créativité.

    Le manifeste du Conditionnal Design est un bon exemple de ce sur quoi pourrait reposer les différents principes d’un outil convivial. Il s’agit d’une méthode de conception formulée par les graphistes Luna Maurer, Jonathan Puckey, Roel Wouters et l’artiste Edo Paulus qui met l’accent sur le processus de création. En tant que stratégie de conception, elle est définie par des ensembles de règles et de conditions conçues de manière ludique qui stimulent la collaboration entre les participants et mènent à des résultats imprévisibles. Restitution

    Le Conditionnel Design est basé sur 3 principes, soit, le processus, la logique et la contribution. La création d’outils personnels et conviviaux, pensés pour être ouverts et appropriables, donne de nouvelles possibilités, plus adaptées au monde d’aujourd’hui. L’évolution technologique de plus en plus rapide qui caractérise notre société apporte des changements dans le rôle du designer graphique. Celui-ci n’est plus le seul créateur.

    Le Conditionnel Design peut ainsi être mis en relation avec la création de plateformes collaboratives tendant à aller vers une solidarité collaborative du réseau.

    Restitution

    Restitution
    Restitution
    Restitution Studio Moniker - Conditional Design
    Restitution
    Restitution
    Restitution
    Ivan Illich - Wikipedia
    Restitution Manifeste du Conditional Design
    Restitution
    Restitution

    Les plateformes collaboratives, reposent, elles aussi, sur des principes similaires à ceux exposés dans la pensée d'Ivan Illich. Celles-ci ont pour but de s’éloigner du fonctionnement des grandes industries afin de redonner le pouvoir à chaque personne, de permettre aux utilisateurs de retrouver leur part d’individualité, notamment au niveau du traitement de l’information et de sa mise en service.

    Par exemple, le site web communautaire « Reddit », créée par son co-fondateur Aaron Swartz, est l’une des premières plateformes à avoir permis un flux d’informations et un classement de leur importance gérés par les utilisateurs eux-mêmes. De plus, dans certains cas, comme on peut le voir sur « Open Source Publishing », les plateformes proposent aux utilisateurs d’étudier le contenu, mais aussi de le modifier. La plateforme communautaire ou collaborative peut être perçue comme un outil convivial, permettant le partage des savoir-faire entre des personnes de différents domaines. Le but est de permettre à chaque personne de s’exprimer librement et de s’éloigner de la norme, d'une standardisation, afin de permettre, la personnalisation de données, par exemple. La pensée d’Illich soulève la question de réappropriation des outils et de leurs emplois par la société et la manière dont ils devraient être accessibles par tous. De plus, il y a une remise en question des créations déjà existantes, cela peut être mis en relation avec le travail de Kenneth Goldsmith qui milite pour une écriture du plagiat, de la copie et de la retranscription.

    Les plateformes collaboratives prennent forme dans une technologie qui permet une démocratisation des savoirs et de l’accessibilité aux informations afin de les exploiter de façon intelligente et solidaire. Pour exemple, la plateforme « STATION-E » permet une recherche collaborative en histoire des énergies alternatives. L’idée est de fouiller dans les archives pour trouver des inventions oubliées mais utiles pour la transition énergétique.
















    On s’aperçoit donc que le travail collaboratif et la réappropriation d’informations ou de créations permettent aux individus de s’affranchir des grandes industries et de proposer de nouvelles alternatives de conception et de mise en service pour la société.

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    Plateforme Reddit
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    Plateforme Reddit - Wikipedia
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    Logo - Station E
    Restitution
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            MÉMOIRE
    & ACCÈS
       À
    L’     INFORMATION

    SUR INTERNET

    Restitution
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    TRANSFORMATION
    DE NOS SCHÉMAS
    DE PENSÉE :
    le chaînon manquant

    L’accès de plus en plus rapide aux informations sur internet ne laisse plus la place à des lectures approfondies, nous préférons les courts textes au longs textes, et dérivons facilement de lien en lien en survolant ce que nous voyons plus qu’en le comprenant réellement. Nous privilégions les extraits de textes de part la multitude de page et de proposition à découvrir, nous ne prenons plus le temps, nous voulons aller vite et accéder à toutes les informations en ligne.

    À la différence de la pensée linéaire, on va parler ici, avec internet, de la pensée en réseaux qui permet d’apporter des influences extérieures à une réflexion. Les connexions entre les documents, la parole donnée aux internautes par le biais du commentaire ou encore les mises à jour permanentes des pages en réseaux permettent de passer de la simple page à un flux, d’un objet à un processus, d’un format fermé à un format ouvert, à un contenu qui devient une conversation et enfin du passé au présent.

    Cependant, l’esprit linéaire, qui donnait place à une réelle concentration sans distraction venant perturber la lecture, se voit remplacer par un esprit qui souhaite recevoir et diffuser rapidement une information sans réel fil conducteur et souvent répliqué par de nombreux internautes. Nicholas Carr, dans le chapitre « Hal et moi » de son livre « Internet rend-il bête ?», met en avant une étude établie en 2008 par un organisme de recherche, nGénéra, sur les effet de l’utilisation d’internet sur les jeunes, « la génération Net ». Cette étude a démontré que cette génération qui a grandi avec internet ne lit plus une page de gauche à droite et de haut en bas, mais a plutôt tendance à faire des sauts de puce à la recherche d’informations pertinentes. On observe une transformation de notre processus de lecture et de notre capacité d’absorber l’information. Restitution NICHOLAS CARR - " Internet rend-il bête ? "

    Restitution
    Restitution

    Comme nous l’avons vu plus haut dans le chapitre de ce mémoire, « Création en commun », Ivan Illich met en avant les modification de notre société du à l’industrialisation et les bénéfices de la création de nouveaux outils qui seraient au service de l’humain et non l’inverse, en donnant de l’importance à l’appropriation des outils par tous. Dans le chapitre « les voies vitales » de « Internet rend-il bête ? », Nicholas Carr cite Nietche, lorsque celui-ci avait commencé à utiliser la machine à écrire on a pu percevoir que son style avait changé comme si le fer s’était inscrit dans sa prose, son style d’écriture devint plus télégraphique. Ainsi Nietzsche déclara « notre matériel pour écrire intervient dans l’élaboration de nos pensées », cela rejoint alors le dicton populaire de Marshall McLuhan « Le médium c‘est le message ».

    Dans « Projet pour une psychologie scientifique » Freud explique que le cerveau, et les barrière de contacts entre les neurones, pouvait se modifier en réaction aux expériences vécues de l’individu. Ces explications furent réfutée par la plupart des chercheurs et des médecins du cerveau, pour qui, la plasticité du cerveau se terminait avec l’enfance et que les voies vitales une fois établies ne pouvaient plus se modifier, s’agrandir ou rétrécir. Les voies nerveuses sont une chose fixée, finie et immuable. En 1983 le Dr Merzenich, un pionnier dans la recherche sur la plasticité du cerveau, a révélé les résultats d’une expérience réalisée, qui consistait à percevoir comment le cerveau du singe traite ce que ressent sa main et a permit de confirmer par la suite que le cerveau n’est pas immuable, ce qui a conduit à une réévaluation des théories reçues sur le fonctionnement du cerveau. La découverte de Merzenitch révèle que tous nos circuits nerveux, qu’ils soient le toucher, la vue, l’audition, le mouvement, la pensée, l’apprentissage, la perception ou la mémoire sont susceptibles de se modifier. Par la suite, on a pu s’apercevoir que l’adaptabilité des neurones permet ainsi de renforcer les sens de l’audition et du toucher afin de compenser les effets de la perte de la vue, par exemple. Il s’agit ainsi d’une réorganisation du cerveau, la carte cérébrale se réorganise, des neurones se réaffectent à de nouvelles utilisations. C’est ainsi que, nous savons aujourd’hui, que notre façon de percevoir les choses, de les interpréter et d’entrer en action n’est pas entièrement déterminée par nos gènes et notre vécu pendant notre enfance. Nous changeons nos habitudes par notre façon de vivre et par les outils dont nous nous servons.

    Ainsi, Nicholas Carr, inquiet que l’usage d’internet puisse changer la façon dont notre cerveau traite l’information, met en avant, dans le chapitre : « Les voies vitales », la possibilité qu’une dégradation intellectuelle est inhérente à la malléabilité de notre cerveau. Comme dans la pensée de Ivan Illich dans son texte « Convivialité », qui met en avant la transformation d’une société au service de l’outil, Nicholas Carr, lui, dans son chapitre « Les outils de l’esprit » de « Internet rend-il bête ? », souhaite mettre en avant le fait que nous créons des outils afin d’étendre notre pouvoir et notre contrôle sur nos conditions de vie. Comme la cartographie, par exemple, qui s’est peu à peu répandue afin de faire apparaitre à nos yeux des choses auparavant abstraites, permettant d’appréhender l’espace d’une toute nouvelle manière. Les outils que nous créons, comme internet l’est devenu à l’ordinateur, permettent d’archiver des informations et formuler des idées tout en partageant differents savoir-faire, tout cela afin d’augmenter la capacité de notre mémoire.

    Restitution
    Restitution

    Internet conditionne ainsi nos nouveaux rapports avec le monde et nos relations avec les autres, il influence notre comportement et ce sur quoi nous portons de l’attention et de quelle manière nous le faisons à travers différentes mobilisations de nos sens, comme le souligne Nicholas Carr, en agissant sur, « (...)la façon dont nous nous souvenons et dont nous oublions. ». Il fait entrer l’idée de chaînon manquant, dans l’idée que l’emploi et la création de nouveaux outils technologiques ont renforcé la capacité de certaines fonctions neuronales et en ont diminué d’autres. Comme on le voyait plus haut avec l’expérience de Merzénitch qui montrait que toute expérience répétée influence nos synapses, nos habitudes sur internet et l’utilisation d’outils particuliers qui augmentent et prolongent nos capacités, modifient peu à peu notre imaginaire collectif. Ainsi les fonctions mentales se modifient en fonction des expériences que nous vivons.

    Dans le chapitre « La page qui s’approfondit », Nicholas Carr explique que notre cerveau et notre capacité de concentration, régulés par notre instinct, nous dispose à nous laisser distraire rapidement. Nous sommes prédisposés à percevoir le plus d’informations possibles, et surtout celles qui sautent au yeux. Comme si l’on devait prévenir d’un danger, notre cerveau agit par réflexe afin de capter le moindre changement dans l’environnement, comme un animal qui guette sa proie. Alors qu’au cours des siècles, la lecture et l’écriture n’ont eu de cesse d’évoluer, en commençant au moyen âge par la scriptura continua, qui demandé un long moment de décryptage du fait qu’il n’y avait pas d’espace entre les mots, elle était notamment destinée à une lecture à voix haute. À travers les scribes, le but était de retranscrire ce que l’on entendait, l’ordre des mots n’existait pas. Petit à petit, l’écriture est allée vers une forme de lecture plus simplifiée faisant d’elle un acte de méditation, et où l’écrit apparait désormais autant à l’oeil qu’à l’oreille. Paul Saenger, dans son livre « Space Between Words: The Origins of Silent Reading », explique que pour la première fois, un auteur « pouvait voir ses manuscrit comme un tout et, grâce à des références croisées, établir des relations internes et éliminer les redondances qui étaient courante dans la littérature dictée ». Puis à la fin du XIVe siècle, on pu voir apparaître les chapitres, les paragraphes ainsi qu’une table des matières afin de mieux s’y retrouver et de structurer son cheminement.

    Nicholas Carr explique qu’au fur et à mesure l’écriture n’est plus un moyen d’enregistrer, mais d’avantage une méthode de composition, ou l’on voit apparaitre des formes de synthèse dans une démarche plus personnelle, avec un commencement vers l’individualité. Par la suite, vient Gutenberg qui, transforma un artisanat vers une industrie mécanique et permit la production de masse, faisant du livre un objet abordable. La disponibilité croissante des livres stimula le désir de lire et permit d’étendre la culture. Avec le temps cette croissance et cette diffusion de livre engendra une transformation intellectuelle, perdant peu à peu son caractère spirituel. L’acte de lecture devient plus courant et l’écriture plus grossière.


    Restitution
    Scriptura Continua
    Restitution
    Restitution
    Paul Saenger
    Restitution
    Restitution

    Nicholas Carr, explique, « Les mots de l’auteur agissent en catalyseur dans l’esprit du lecteur, lui inspirant des idées, des associations et des perceptions nouvelles, parfois même de nouvelles découvertes. », cela pousse le lecteur à s’aventurer sur des terres inconnues, vers des réflexions plus complexes.

    Dans la pratique de design graphique, le travail de mise en page et de création typographique évolue étroitement avec l'écriture. On a pu voir imprimer differentes mise en page venant s'adapter à differents sujets et différents formats, afin d'exprimer au mieux le message souhaité. En allant de la grille de mise en page Suisse à des formats plus expérimentaux, comme ceux du graphiste David Carson, qui a su faire evoluer une certaine méthode de lecture moins conventionnelle. Par exemple, dans le magazine "Raygun" pour lequel il a travaillé, la mise en page devient aussi importante que la lecture du texte. A l'aide de collage, il apporte un nouvel environnement à la lecture, que le texte soit perceptible ou pratiquement illisible, dans les deux cas l'immersion se crée dans une nouvelle forme de parcours de lecture. En créant des connexions entre les mots, les images et leur style d'affichage, le caractère typographie, le contenu et la mise en page ne font qu'un et permettent au lecteur de vivre une experience.

    Aujourd'hui c'est sur internet que nous cherchons à faire évoluer ses codes avec differentes interfaces de lecture et de navigation qui composent son paysage. Internet pousse l’utilisateur à pratiquer une forme de découverte instinctive, tout en conditionnant sa navigation et son rapport aux informations, à travers la manière de présenter des contenus. La création et l’exploitation des recherches sur l’interface utilisateur (UI) et l’expérience utilisateur (UX) au sein des sites internet permettent d’apporter une navigation simple et pratique, avec un accès à l’information le plus rapide possible. On peut y voir un paradoxe entre le désir d’apprendre et la création d’outils qui lissent la réalité pour la rendre plus malléable. Les modes de vie et capacités de notre cerveau peuvent se réadapter à de nouvelles formes d'apprentissage, dû au croisement des informations permit par l'évolution des technologies.

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    DAVID CARSON-
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    L’EXPÉRIENCE DU PAYSAGE D’INTERNET
    : survol itinérant

    Si l’on se réfère à l’oeuvre « Pour comprendre les médias » de McLuhan, on peut voir que les médias ne cessent de changer de forme lorsqu’ils passent au contenu en ligne, internet transforme le média en lui attribuant une nouvelle image. Il fait disparaître sa forme physique et fait entrer des hyperliens, détournant ainsi l’attention du lecteur, et modifiant sa façon de percevoir les choses et de les comprendre. Nicolas Carr, dans le chapitre « Un média tout ce qu’il y a de plus général » de son livre « Internet rend-il bête ? », dit :

    « Les hyperliens eux aussi altèrent notre approche des médias. En un sens les liens sont une variante des allusions textuelles, des citations et des notes de bas de page qui font classiquement partie des documents depuis longtemps ».
    « Les hyperliens eux aussi altèrent notre approche des médias. En un sens les liens sont une variante des allusions textuelles, des citations et des notes de bas de page qui font classiquement partie des documents depuis longtemps ».

    Ainsi, on peut voir les transformation de l’ imaginaire collectif, nous nous habituons à de nouvelles formes qui prennent part dans notre quotidien et les fonctions de nos neurones évoluent avec elles, comme par exemple avec une diminution de notre capacité à nous concentrer.

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    L’attention des utilisateurs devient de plus en plus réduite. La navigation sur internet rassemble les gens et les informations autant qu’elle les disperse. Alors qu’auparavant les premières créations sur internet se voulaient ressembler aux pages d’un livre, d’où le nom « page » que l’on utilise pour parler d’un contenant sur un site, et étaient produitent essentiellement à base de typographie.

    Aujourd’hui se sont les productions papier qui s’adaptent à la production en ligne, les textes deviennent plus courts, et des variations de taille de texte et de mise en page apparaissent afin d’attirer l’attention des utilisateurs.

    Notre façon de classer les informations et d’y accéder à totalement changée. Nous ne prennons plus le temps de lire des textes dans leurs intégralités ou d’admirer une oeuvre dans son entièreté. Il est davantage question de mettre en ligne, de partager, de commenter, de liker, et la question de visibilité sur internet devient plus importante que celle qui repose sur une idée de partage au bénéfice d’une communauté.

    L’utilisateur réagit plus qu’il n’intéragit. C’est pourquoi le livre ne disparaît pas et garde de nombreux avantages. Il est toujours plus agréable de lire un livre que lire sur un écran, la malléabilité du livre reste notamment plus intuitive, on tourne rapidement les pages et la peur de perdre un contenu n’existe pas.

    De plus, le livre est un véritable objet auquel on peut s’attacher. Le livre fait naître des sentiments personnels, les notes que nous y inscrivons restent intimes et ne se retrouvent pas partagées. Bien que des pages privées existent avec la création de compte personnel bien présent sur la toile, l’écran nous fait perdre cet engagement émotionnel avec le médium.

    La perte de ce lien est à prendre en compte dans le désir de redonner, à la navigation sur internet et au contenu auquel on accède, une dimension sensible.

    Afin que les nouvelles façons d’accéder à l’information sur internet puissent être bénéfiques, il faut mieux comprendre l’espace d’internet. Il serait intéressant de détourner et de réinventer l’ergonomie des interfaces de navigation des sites internet afin qu’ils puissent faire apparaitre le réel potentiel de cet espace. Car internet est à la fois un lieu qui sépare et qui réunit, Boris Beaude dans son livre « Internet, changer l’espace, changer la société », parle d’ubiquité, un lieu où l’on peut se trouver à plusieurs endroits en même temps, je cite « Internet peut être local et mondial, synchrone et asynchrone, symétrique et asymétrique, interactif et passif, visuel et auditif, permanent et éphémère ». Il qualifie internet d'un lieu de synchorisation, un lieu en commun qui rend possible l’interaction.

    Il est alors essentiel de bien comprendre cet espace et la distance qu’il établit entre nous et l’ailleurs afin de maîtriser notre existence et notre devenir qui se construit de manière collective, on parlera d’imaginaire collectif. Notre façon de ‘surfer’ sur le web nous permet de prendre réellement conscience de la force de cet espace. La déambulation détachée que nous opérons parfois, et les multiples possibilités d'action et de chemin à parcourir, peuvent, bien souvent, nous déconnecter de notre objet de départ, des informations et de leur véritable importance.

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    Boris Beaude
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    Stéphane Hugon - Circumnavigation
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    « Circumnavigation, l’imaginaire du voyage dans l’expérience Internet »de Stéphane Hugon, met en avant la notion d’imaginaire collectif et l’importance de la dérive sur internet. Il détermine que ce geste banal du quotidien alimente un changement dans la manière d’être et de se représenter. Le vagabondage, la promenade opérée par les internautes s’oppose à la fixation spatiale opérée par l’industrialisation qui cherche à apporter des spécialisations, ne permettant pas l’échange des savoir-faire. Internet est alors appréhendé comme une échappatoire à cette fixité et permet pour les individus la conquête d’horizons nouveaux, avec par exemple, l’idée du bandit que l’on retrouve dans l’esprit du hacker. Ainsi, la déambulation de l’internaute ne se limite pas à un déplacement physique. La flânerie prend ainsi toute son importance, comme nous pouvons le voir chez Baudelaire, qui a utilisé le mot « flâneur » pour caractériser l’artiste dont l’esprit est indépendant, passionné et impartial.

    Par cette navigation passive que l’on nomme « dérive », l’idée est de ne pas percevoir internet comme un simple outil fonctionnel, comme le voudrait l’industrialisation. Lev Manovich analyse l’espace en termes de dataspace, comme un espace augmenté du jeu de va-et-vient de la consultation quasi permanente par l’individu mobile de base de données. Ainsi se crée une mobilité identitaire qui va influencer et conditionner les représentations individuelles et collectives.

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    Lev Manovich

    Restitution Lev Manovich

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    Louise druhle dans son projet de diplôme, « L’Atlas critique d’internet », souhaite souligner le paradoxe entre diversité et unicité dans l’espace d’internet. En partant du principe qu’une même page internet peut s’afficher de la même façon selon différents formats d’écrans d’affichage, la question de format devient alors ingérable. Elle a ainsi réalisé un livre au format interchangeable et configurable selon les choix de l’utilisateur. Un prototype d’édition « responsive » – elle parle de « responsive print » – comme on le dit du design d’un site web qui s’adapte en fonction du support de lecture de l’internaute. Elle explique sa démarche, « Les sites web possèdent par défaut une infinité d’affichages écran, j’ai poussé cette idée en créant un livre ayant une multitude de formats. L’Atlas d’internet est une substance insaisissable, il est le code informatique unique (fait de HTML, CSS et JS), qui possède une infinité d’affichages à travers différents formats: de l’écran au papier à l’espace de l’exposition. D’une autre part, dans sa video « Blockchain, l’architecture du contrôle », Louise Druhle prend l’exemple de wikipedia, afin d’expliquer les bienfaits des blockchains publiques, avec une décentralisation de l’information et un financement participatif, faisant de cette plateforme, je cite, « (...) un bien commun pour l’humanité qui appartient aux utilisateurs. ».

    Une blockchain constitue une base de données qui contient l’historique de tous les échanges effectués entre ses utilisateurs depuis sa création. Cette base de données est sécurisée et distribuée : elle est partagée par ses différents utilisateurs, sans intermédiaire, ce qui permet à chacun de vérifier la validité de la chaîne. Elle peut être publique et donc ouverte à tous, tout le monde peut accéder au contenu et y participer sans pouvoir, néanmoins, le détruire. Lorsqu’elle est privée, l’accès et l’utilisation sont limités à un certain nombre d’acteur, on va parler d’un contrôle du haut vers le bas. Les blockchains privées sont un moyen de contrôler l’architecture d’internet, de trouver des bénéfices dans les méta-données que nous leurs transmettons par les traces que nous laissons de notre passage sur un site internet, à travers notre personnalité et notre comportement en ligne. Tandis que les blockchains publique permettent de faire remonter des informations, l’autorité se fait donc du bas vers le haut, le consensus de la masse fait l’autorité. Comme l’explique Louise Druhle dans sa video, cela permet alors une nouvelle structure de pouvoir entre les citoyens et une interconnexion et interdépendance assurant la pérennité du contrôle au fil du temps. Restitution
    Lousise Druhle

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    L’influence du paysage d’internet sur notre comportement en ligne et notre façon d’accéder à l’information, est engendrée et rendue visible par les algorithmes de recherche. Dominique Cardon, dans son livre « à quoi rêvent les algorithmes ? », souhaite éclairer sur la façon dont nous pourrions prendre en main ses algorithmes afin de pouvoir mieux comprendre le cheminement de notre recherche, la façon dont on accède au contenu et, pourquoi pas, contrôler d’avantage les contenus qui apparaissent en priorité sur nos moteurs de recherche.

    Dominique Cardon parle de calculateur qui permettent de rendre nos moindres faits et gestes sur internet mesurables. Tous les rapports que nous entretenons sur internet, comme les mails que nous échangeons ou bien les sites que nous consultons ou encore les données que nous y entrons, jusqu’aux nombres de clics sur un élément en ligne, créent des données calculables et susceptibles d’être monétisées. On parle alors d’outil d’évaluation, d’indicateurs qui permettent d’orienter notre comportement, à travers ce que l’on va voir apparaître dans notre fil d’actualité, les publicités que nous apercevons ou bien des recommandations. Dominique Cardon parle de la société des calculs, avec le développement des algorithmes qui permettent de trier, traiter, rattacher et représenter des informations.














    Il explique qu’il existe quatre grandes familles d’algorithmes liées à quatre objectifs distincts :
    la popularité, l’autorité, la réputation
    et la prévision.

    La popularité ou la mesure d’audience se place à côté du web, il enregistre le nombre de clics des internautes, le nombre de visite sur une page afin d’établir la popularité des sites, comme par exemple Google analytique. l’algorithme de classement de l’information du moteur de recherche de Google, PageRank, se situe au dessus-du web afin de hiérarchiser l’autorité des sites, avec un référencement qui s’établit selon le nombre d’échanges de liens hypertextes entre les sites, un site souvent référencé est considéré comme un site qui fait autorité. La technique est confidentielle. La réputation, le nombre de like, de partage, de tweet, propre aux réseaux sociaux d’internet se place à l’intérieur du web, en donnant la possiblité aux internautes d’évaluer et de valoriser ou non du contenus sur internet. Il s’agit d’une technique connu de tous. Pour finir, la prévision est destinée à la personnalisation des informations présentées aux utilisateurs qui est établie par rapport à la masse. Les algorithmes prédictifs cherchent alors des corrélations entre différents types de comportement, à partir d’analyse, de collecte des données et des cookies pour prédire leur comportement à partir de celui des autres, il se place sous le web, on va parler de machine learning. Ces calculs de corrélation engendrent des discriminations. En reproduisant simplement les pratiques « courantes », les algorithmes opposent une force contraire aux changements des pratiques et des structures sociales. On voit alors apparaître des stéréotypes qui prennent place dans notre imaginaire collectif et une vision cloisonné de la réalité.

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    « Les calculateurs fabriquent notre réel, l’organisent
    et l’orientent.

    Ils produisent des conventions et des systèmes d’équivalence
    qui sélectionnent certains objets au détriment d’autres, imposent une hiérarchisation des valeurs qui en vient progressivement à dessiner
    les cadres cognitifs et culturels de nos sociétés. »

    Dominique Cardon

    Dominique Cardon explique qu’il serait plus judicieux de prendre conscience de nos actes et de l’importance des algorithme dans notre comportement en ligne en se percevant comme formant un couple avec les algorithmes qui ne cessent de rétroagir et de s’influencer mutuellement. Le Media Lab Sciences Po réalise de nombreux projets autour de l’information numérique et la recherche sur internet. Parmis eux, le logiciel libre « Hyphe » permet de créer des corpus web basés sur une liste de site internet, des métadonnées qui qualifies un site par son contenu, des liens hypertextes et sur des critère de sélection selon la qualité de l’information. Le but etant de voir le web autrement qu’à travers le filtre de google pour dépasser la liste des résultats, afin de s’interesser à ce qui n’est pas valorisé par google. L’outil utilisé est un crawler, il permet de prendre en compte l’information moins visible et est capable de comprendre l’information en terme de lien hypertextes. Cela permet de percevoir des sites avec des informations plus spécifiques et moins génériques qui peuvent être créés par des personnes qui n’ont pas les connaissances requises pour avoir un bon référencement, ou qui sont parfois créés par des personnes qui ne souhaitent pas que leur contenu apparaissent dans les premiers résultats, comme certains site dévoilant des pratiques douteuses par exemple. Pour réaliser un corpus web sur un sujet en particulier, il faut tout d’abord réaliser une liste de site internet que l’on va donner au logiciel comme point de départ. Pour cela il faut se détacher de l’exhaustivité et apprendre à circonscrire le champ pour mieux l’explorer et lui donner du sens par la suite. On va ainsi générer un corpus vivant composé d’URL.


    Le crawler du logiciel Hyphe va ainsi partir d’un point de départ et l’ élargir en hiérarchisant et en ramenant tout les liens qui sont cités dans les sites déjà sélectionnés en fonction de critère qualitatif. Le logiciel permet alors de manipuler ce corpus à l’aide de filtre et va permettre aux utilisateurs de faire leur propre recherche. Cette démarche de recherche a notamment pour but de nous confronter et de nous obliger à voir des choses que l’on ne souhaite pas voir.

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    Média Lab Science Po - HYPHE

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    Dominique Cardon

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    Dans une démarche plus expérimentale, on trouve des alternatives de navigations sur internet afin d’apporter de nouvelles formes de recherches à travers un environnement physique et digital. Parmis elles, il y a la designer ,chercheuse et développeuse, Joanna Chicau, elle expérimente le mouvement du corps par le biai de la danse afin de repenser l’espace et le temps sur internet à travers des navigations parrallèles. Pour cela elle réalise des chorégraphies, qui par l’association des différents gestes du corps, viennent déplacer le curseur de la souris sur son navigateur, sélectionner des informations, zoomer sur une information etc... . On voit alors la chorégraphie retransmise sur le navigateur, qu’elle nomme « web chorégraphies », « les chorégraphies du web ». Cette démarche permet de faire entrer une dimenssion sensible dans la navigation et la recherche sur internet, en les reliant directement à notre corps. Toujour dans une démarche expérimentale on trouve l’imprimante EVY, un projet entreprit par Mandi Goodier que l’on retrouve dans le guide « 3D Additiviste Cookbook », réalisé par des activistes et regroupant des recettes d’impression 3D et des méthodes imaginatives et provocantes, on y trouve des formulaires numériques, des modèles d’impression, des actions matérielles ou encore des méthodologies. Le projet « What We Know About Every;thing - EVY » est né d’un constat sur des habitudes de recherche instables et oublieuses qui se sont développées, dans lesquelles les informations sont stockées sur un disque dur, puis oubliées. Mandi Goodier a alors souhaité créer une imprimante qui reproduit des informations de recherche sous une forme tangible (où elles occupent une place réelle dans le monde physique), cette imprimante oblige l’utilisateur à prendre une décision: l’information peut être éliminée ou absorbée, mais dans les deux cas, les informations produisent un impact physique, par le biais d’effort requis pour disposer de l’information ou pour la digérer mentalement.

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    RestitutionJoana Chicau - Choreographie
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    3D ADDITIVISTE
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    3D ADDITIVISTE - Mandi Goodier -
    What We Know About Every;thing, imprimante EVY

       (RÉ)INTER-

             PRÉTATION

      DE

    CONTENU

    ANTI-GÉNÉALOGIE
    DES INFORMATIONS

    Comme nous l’avons vu au début de ce mémoire, de nombreuses plateformes collaboratives sont présentent sur internet, comme Open Source Publishing qui propose de partager et de modifier le contenu publié. Mais aussi, des plateformes comme Pinterest ou le réseau social Instagram, où l’on voit s’ajouter une multitude de créations en ligne, et une difficulté à retrouver leur traçabilité. La multiplicité de formes, de réinterprétations, de traductions, de copies que l’on trouve sur le net ajoutent à chaque fois une nouvelle influence à la matière première, au point de départ de l’information. Ainsi, cela peut nous amener à penser que nous perdons peu à peu, l’aura, l’essence même d’une création ou plus simplement d’une information.
    L’écrivain Benjamin Walter met en évidence le fait que nous retrouvons une certaine unicité dans le sentiment immatériel, dans l'environnement dans lequel on se trouve, produit par ce qu’il nomme, paysage, et stimmung, il s’agit ici d’un sentiment unique ressenti par un individu. Benjamin Walter définit l’aura comme « l’unique apparition d’un lointain, quelle que soit sa proximité », pour lui, la reproductibilité automatique et technique a pour conséquence la perte de l’aura, parce que la copie acquiert une autonomie vis-à-vis de l’original par le fait que l’œuvre est placée dans de nouveaux contextes, il devient possible d’opérer des grossissements, de changer de point de vue.

    Cependant, Stéphane Hugon définit la notion de stimmung comme le fait de comprendre les sentiments d’adhésion à un lieu, qui relève d’une liaison affective immédiate, où l’individu ne se distingue pas lui-même. Ces nouvelles créations qui se nourrissent d’internet, du partage et de l’échange vont alors faire apparaître différentes variations autour d’un thème. Hugon parle de cristallisation à un moment donné d’un imaginaire tel qu’il est exprimé par une jeune génération. On retrouve alors l’expression d’une époque, des redondances et des correspondances qui font réapparaître l'aura d'une création. Stéphane Hugon parle d’anti-généalogie créée par le renouvellement et la réactualisation, avec une modification des perceptions collectives, le mélange, la réactivation et le bouleversement des imaginaires paysagers. Comme nous l’avons vu auparavant, internet invite à l’aventure. Pour comprendre l’usage d’internet Stéphane Hugon réalise un parallèle avec le mouvement dadaïste, en désignant un mouvement qui signe une rupture, de manière non réactive qui n’envisage pas de prise de pouvoir à l’opposé de ce qu’a engendré l’industrialisation. Il fait l’éloge de la lenteur, de la perte et de l’aléatoire qui prend tout son sens dans l’usage d’internet. Dans « Circumnavigation », il cite M.Maffesoli, qui aborde la pulsion d’errance, l’expérience d’attraction, la perte et la découverte imprévue. Hugon compare les liens hypertextes au taxi, dans le sens où nous pouvons être abandonnés n’importe où et pris au hasard. L’espace d’internet sert alors à créer de l’imprévue, à générer de la surprise en acte en produisant de la discontinuité, en trouvant des choses cachées et en cherchant de la différence dans la répétition. Par la suite, il parle d’habitation, afin de mettre en avant le rapport existentiel de l’individu et du lieu, et lorsqu’il parle de paysage, il s’agit de la continuité de l’être. Il différencie alors l’espace géographique qui relève de la cartographie, de la norme et de la maîtrise de l’espace perçu comme un potentiel à réaliser, à faire exister sans objectif ni point de repère. Le déplacement cède alors le pas à la promenade, expérience proche d’une perte, où il faut s’abstraire du paysage pour mieux le comprendre, c’est-à-dire qu’il faut se détacher des habitudes culturelles de la distance en se positionnant à l’extérieur du paysage, qui est pour Stéphane Hugon, une condition à la construction des phénomènes sociaux. Sur internet il n’y a pas de déni du lieu, l’individu se construit par rapport à la situation, l’importance pour les internautes ne se résume pas dans l’outil ou dans la quantité d’informations mais dans l’expérience, sur une émotion partagée. Enfin, Hugon cite Bachelard pour pointer du doigt la poétique des situations en ligne : « Ainsi, dans l’être, tout est circuit, tout est détour, retour, discours, tout est chapelet de séjours, tout est refrain de couplets sans fin ».

    « Des dimensions de la temporalité effective, l'espace ou mieux les espaces utilisés dans la Daseinanalyse sont constitués d'un très grand nombre de dimensionss qui ne sont pas des coordonnées formelles, mais des moments réels. Qu'ils expriment littéralement des régions, des structures ou des monvements, ils sont identiquement des structures spatiales et des shémas de conduite, c'est à dire des directions significatives de l'habiter. Ainsi, le proche, l'avant et l'arrière, le dedans et le dehors, l'horizontal et le vertical, ouvert et fermé, large et étroit, plein et vide, profond et élevé, dans, à travers, en face, auprès de, chez soi, intime, étranger, chute, ascension, flottement, tourbillon, vertige, fuite,attaque, aller, retour; à quoi s'ajoutent les dimensions de la lumière (obscur et clair, assombrissement et illumination et toute la spatialité climatique des couleurs. Le bleu, dit Goethe, est un lointain attirant, le rouge est exaltation ; et toute couleur comporte un type spécifique de spatialité. »
    Henri Maldiney, Regard,
    parole, espace, édition L'âge d'homme, Lausanne, 1973.
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    Je vais maintenant vous faire part de quelques travaux qui relève de cette difference d'interprétation qui peut être percu comme bénéfique. Dans chacun de ces exemples il est question d'apporter un nouveau contexte à une création, une nouvelle dimension à ce que l'on voit, ce que l'on lit ou encore ce que l'on vit comme par exemple avec les travaux de Aliki. Pour son projet de diplôme, intitulé, " Made by Rain ", Aliki, une jeune créatrice néerlandaise, souhaite apporter un nouveau regard sur la pluie. Dù à l’historique de la météo des pays-bas qui laisse place à deux nombreuses plaintes. Elle utilise la technique de pluviographie qui consiste à imprimer de la pluie sur du textile. A travers deux procédés différents, l’analogue, qui consiste à déposer deux couches de tissu et du papier avec de l’encre, lorsque la pluie touche la surface, le papier se mouille faisant couler l’encre du papier sur le tissu. La version digitale, elle, consiste en un calque d’encre directement imprimé sur le tissus, déposé sous la pluie, quand celle-ci touche la surface l’encre coule pour créer cet imprimé.

    Aliki s’intéresse notamment à la traduction des données météorologiques. Elle référence tous ses imprimés à partir de celles-ci en allant les chercher dans les archives de la station météorologique. Elle souhaite apporter une visualisation des statistiques de ces archives en les imprimant notamment sur le textile. Elle y inscrit la date, l’heure d’intervalle, les millimètres de la pluie et les circonstances de la météo. Les textiles sont appréhendés comme des documents et sont tous considérés comme unique, on y voit un désir de redonner une source à une création. On peut voir dans son travail une réinterprétation et traduction des données météorologiques en leur adressant un nouvel angle de vue.

    Par ses expérimentations, Alki créent une nouvelle relation entre nous et la pluie, un nouveau rapport, en nous poussant à la voir et la comprendre différemment. Elle change le contexte dans lequel se trouve la pluie, elle donne la possibilité de la porter, de l'admirer plutot que de la subir. Restitution Aliki - Made By Rain

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    Restitution Aliki - Made By Rain - Site internet Restitution Restitution Restitution Restitution Restitution Restitution Restitution
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    Dans une dimension plus surréaliste, il y a le projet " MeshBomb " de Jason Ferguson, présent dans le Cookbook 3D Additiviste, et qui, lui aussi, par des moyens utopistes, cherche, à transformer le monde donné. Meshbomb consiste à reproduire un objet présent dans l'espace public, à l'aide d'une impression 3D, le but étant de le reproduire avec de légères modifications (par exemple, changement de couleur, changement d'échelle, répétition, miroir). Puis, il est demandé d'aller remplacer l'objet initial par sa reproduction. L'idée de ce projet est d'apporter des changements subtils, sur le placement de l'objet par exemple, afin de perturber la routine du passager. Jason Ferguson cite Freud lorsqu'il explique ; les interventions publiques ont le potentiel de "... réveiller un sentiment étrange, qui rappelle ce sentiment d'impuissance parfois ressenti dans les rêves".

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    Restitution Jason Fergusion - MeshBombing, 2015
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    Dans le texte " Surfaces, Profondeurs (Adaptations, Adaptabilités) ", publié par Brice Domingues sur la plateforme Tombolo, celui-ci s'intéresse à la place du graphiste dans son rôle de traducteur et d'adaptateur. Il présente le projet " Surface Depths " de Thomas Ruff qui met en avant cette idée de réinterprétation tout en y faisant aussi entrer la notion de traduction. Dans la série qu'il nomme " Cassini ", Thomas Ruff réutilise des images provenant de la base de données de la NASA, ce sont des images prises par le satellite Cassini. Il n'utilise alors pas son apprareil photo afin de se questionner d'avantage sur le réemploi d'image. Ces images, uniquement visible après un certain encodage decryptage, demande à l'artiste de travailler sur des nouvelles méthodes de prises de vue, il s'agit ici de transcriptions informatiques numériques. Par la suite Thomas Ruff réalise alors un travail de réinterprétation avec ses images, en venant les modifier par le biais de recadrages ou de changements chromatiques dans le but de mettre en avant, je cite, " l’authenticité est celle d’une réalité arrangée et manipulée par la technique qui, à son apogée, en arrive à éloigner l’image de son référent réel ".

    Thomas Ruff nous interroge sur la tâche du traducteur, qui relève davantage de la création que d'une transposition dans une autre langue. Ainsi, de la même manière que la photographie définit par Thomas Ruff suggérant une subjectivité au niveau du regard porté sur l'image, le graphiste, lui aussi, se doit d'apporter un point de vue qui se place derrière le contenu.

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    Thomas Ruff - Surface Depth
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    Thomas Ruff -
    Surface Depth Nasa Cassini
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    Restitution Laurel Schwulst - Very Interactive

    On peut retrouver ce dernier exemple dans les archives de la plateforme UbuWeb, abordée plus haut dans mon mémoire, cette plateforme est un exemple majeur dans la reinterpretation d'oeuvre, en publiant des oeuvres libre de droit et en proposant de les manipuler. Bien que de nombreux autres exemples auraient pu être abordés dans cette partie, je souhaiterais terminer avec le site internet « Very Interactive ». On y trouve des cours donnés par Laurel Schwulst à ses étudiants en graphisme, en lien avec le web et les outils qu’il met à notre disposition. On y voit aussi, des exercices à réaliser, l’un d’entre eux, appelé « Republish a Text », cherche à mettre en exergue les conséquences de la publication d’une création sur le net.

    Elle demande, dans un premier temps, de choisir un texte n’étant plus soumis au droit d’auteur et conseil de récupérer le texte sur la plateforme UbuWeb. Elle demande ensuite de republier le texte à travers une plateforme digitale comme, tel que : YouTube, Flickr, Vimeo, Vine, Instagram, Twitter, Tumblr, Facebook, Google Docs, Second Life, Google Earth, World of Warcraft, Yahoo Answers, Craigslist…Et enfin, l’étudiant doit prendre une capture d’écran de sa publication afin d’être sur que celle-ci soit bien rendue publique. Le but de cet exercice est d’expérimenter différentes plateformes de publication sur le net et de percevoir comment les informations publiées diffèrent selon leur support de communication, comme l’objet qu’une plateforme peut en faire ou qu’un utilisateur lui a donné.
    Je cite « […]understanding how information moves across these networks, how context is created by different tools and different communities. ».
    *

    On peut ainsi y voir un exercice de
    ré-interprétation ou de traduction à travers la re-publication sur internet ayant pour but de mettre en avant l’importance de bien choisir la plateforme sur laquelle on souhaite publier et d’aider à percevoir comment les plateformes affectent la façon de lire un texte.

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    *

    « […]comprendre comment les informations se déplacent entre les réseaux, et comment le contexte se crée selon différents outils et différentes communautés. »
    Laurel Schwulst

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    Plateforme UbuWeb -
    Keneth Goldsmith
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    UbuWeb - " The Medium is the Massage "

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    REMISE À ZÉRO

    Ainsi, les notions abordées par Benjamin Walter et Stéphane Hugon par rapport à ce que nous voyons et ce que nous ressentons à travers la recherche internet, peuvent être rapprochées avec l’extrait de « La formation de l’esprit scientifique » de Gaston Bachelard où celui-ci met en lumière la formation de l’esprit scientifique et ce qui, au contraire, lui fait obstacle. Dans un premier temps, Bachelard explique l’opposition entre l’opinion qui se forme dans la conscience collective et la recherche scientifique. L’opinion ne peut exister dans la recherche scientifique, de par le fait qu’il ne remet pas en question, il se permet de juger ou de désigner des objets par leurs utilités et non pas pour ce qu’ils sont réellement. L’opinion se rapproche donc de l’idée de simple observation ou notre esprit se contente de comprendre ce qu’il voit, on va parler alors de la pensée empirique qu’il catégorise de savoir fermé et statique. Parmi ces obstacles on trouve aussi l’apprentissage auquel nous sommes confrontés dès notre enfance et les habitudes intellectuelles pouvant entraver la recherche du fait que nous considérons les idées plus claires, celles qui nous servent le plus souvent.

    Nous pouvons ainsi rapprocher ses dires de ceux de Colette Pétonnet qui met en avant l’importance de se détacher des habitudes pour voir les choses autrement, elle le démontre avec un système mis en place, celui de l’observation flottante. Ce système peut notamment etre rapproché du processus de création de l'artiste Tristan Deplus, qui, à travers sa culture urbaine, cherche à penser l’espace urbain différemment, comme un terrain de jeu où il est question de mise à l’épreuve. À travers un déplacement sous forme d’aller retour, Tristan Deplus étudie des nouvelles villes et des écoquartiers qu’il définit, je cite, «[…]bassins qui cristallisent nombre de phénomènes (rapports au politique et à la planification urbaine, paysages en chantier permanent, dimension fictionnelle), et dont la lecture nous offre la potentielle image d’une époque, de ses systèmes, ses évolutions et les dysfonctionnements institutionnels qui l’habitent. ». Par la suite, il documente la façon de vivre des sous-cultures de ces espaces urbains et leur manière de s’approprier « le tissus urbain », faisant réapparaître ainsi la réalité de la vie quotidienne dans laquelle elles vivent, afin, pour finir, de soulever la question suivante, « Qu’est-ce qu’une ville ? Selon qui ? ».

    Il s'agit d'un travail d’enquête qu'il réalise sur place, de collecte et de montage qu’il met en place à travers des pratiques artistiques mettant en avant l’anticipation, le décallage et en étant tout autant illicite que légitime. Il réalise alors des modifications dans l’espace urbain afin d’y retranscrire ses documentations, et de réactiver un certain angle de vue, une forme de mise à l’épreuve, des habitants, ou encore, un quartier. Tristan Deplus cherche à faire revivre une réalité en activant des informations qu'il rend perceptibles. Il cherche à retranscrire son témoignage sur différents quartiers à une certaine époque tout en gardant une distance avec son regard critique.

    « Derrière chaque situation
    se déploie un bruit qui me
    semble nettement plus fort
    que n’importe quelle image ».
    Tristan Deplus
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    On peut ainsi y voir le lien avec Bachelard qui souhaite montrer l’importance de ne pas rester bloqué sur notre idée initiale et fait entrer la notion d’expérience première, qui de la même manière, se place avant et au-dessus de la critique et ne laisse plus de place à la remise en question.Le scientifique se doit de repartir de zéro à chaque nouvelle interrogation et de poser des problèmes par lui-même, afin d’y répondre par la suite. Bachelard souhaite notamment démontrer les dangers de l’explication par l’unité qui réduit l’explication d’un phénomène à un simple mot explicatif, voir à une simple idée.

    L’esprit scientifique ne doit pas se contenter d’analyser un concept et d’en proposer une définition unique, il se doit d’aborder le phénomène d’un nouveau point de vue. C’est ainsi que Bachelard critique les livres d’enseignements scientifiques modernes où la science y est présentée en rapport avec une théorie d’ensemble ne permettant plus à l’élève de se poser lui-même ses propres questions.

    Dans cet extrait on peut notamment y voir l’importance de la temporalité et de la notion d’erreur, il dit, « l’esprit scientifique doit se former en se reformant », c’est ainsi que la pensée scientifique n’est pas régulière et se forme en opposition aux faits rationalisés par la société qui tend à satisfaire immédiatement la curiosité en remplaçant la connaissance par l’admiration.

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    Ainsi la formation de l’esprit scientifique doit se détacher de tout préjuger et de toute doctrine imposée par la société. Il en va de même pour les internautes qui se doivent de poser un regard critique sur le contenu d’internet, de prendre un certain recul, afin d’échapper à leur propre instrumentalisation, qui peut être produite par des grandes industries comme Google, par exemple, en nous donnant accès à un certain contenu par une hierarchisation très forte des informations, mais aussi à travers la rapidité d'action permise par internet et les divergences d'opinion qui nous oblige à ne pas prendre pour argent comptant la première information venue. Comme nous l’avons vu plus haut avec Dominique Cardon lorsqu’il qu’il parle de la société du calcul dans laquelle nous vivons, en expliquant le fonctionnement des algorithmes, ces technologies du calcul pouvant aller jusqu’à quatre millions de fois plus vite que nous, il est important d’aborder la notion de disruption. Bernard Stiegler souhaite apporter une prise de conscience sur cette disruptivité engendrée par la technologie afin d’expérimenter comment nous pourrions l’utiliser autrement que pour faire de la data economy.

    « Au départ, le Web n’était d’ailleurs
    pas conçu pour faire de la captation
    de données: c’était un espace de publication, dont le succès était lié
    à la possibilité de participer à la vie publique en publiant.
    À la Renaissance, l’imprimerie avait ouvert un espace public qu’on a appelé la République des Lettres. Le Web ouvrait potentiellement un nouvel espace qu’on aurait pu appeler la République du Numérique. Cela s’est fait au début, mais rapidement, surtout depuis une dizaine d’années avec les réseaux sociaux, Internet est devenu un système
    de captation des comportements, pour développer ce que la juriste belge Antoinette Rouvroy appelle la gouvernementalité algorithmique, c’est-à-dire le contrôle des individus par les algorithmes. »

    Bernard Stiegler

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    Bernard Stiegler insiste sur le fait qu’il est important de comprendre l’évolution de ces technologies de calcul, afin d’éviter une standardisation et homogénéisation de nos espaces et de notre société, nous faisant perdre notre sentiment d’individuation en transformant notre intériorité dans des données livrées à des calculs automatiques.

    Nous pouvons constater que nous perdons peu à peu la forme d’empathie. Lorsque le web servait d’avantage à connecter les gens entre eux qu’à faire des diagnostics, dans le but d'apporter des informations de façon rapide et ciblées selon nos besoins apparents, et cela dans un but purement économique.

    Ainsi, l’approche sensible, qui était pourtant présente dans le paysage d’internet, tend à s'éffacer au fur et à mesure que le web évolue.

    (RÉ)ACTIVATION
    DES INFORMATIONS

    Depuis les années 70, Richard Prince est considéré comme le pionnier de la réapropriation de contenu, plus particulièrement d’image reprise dans les médias, la publicité et le divertissement. Il s’interroge sur le concept d’auteur et de propriété. Son projet, « New Portrait » consiste en une réappropriation des contenus de la plateforme Instagram, celui-ci va permettre à Richard Prince une réactualisation et une réadaptation de son processus de création, à l’époque dans laquelle nous vivons aujourd’hui. En collectionnant une multitude d’information provenant d’Instagram, (photo, lien, commentaire, texte), qui semblent être pour lui des produits du support lui même. Puis, en sélectionnant les contenus et en y integrant des commentaires, l’artiste permet une réactivation des liens entre cette multitude d’images, de portraits, de textes et d’auteurs présents sur Instagram, en y apportant un nouvel angle de vue, nul autre que le sien.


    En ce qui concerne le duo d'artiste Émilie Brout & Maxime Marion il est davantage question de la place des individus, des artistes et des créations dans une ère «  post-quelle-qu’elles-soit », de l’amateur au professionnel, de la production à la post-production ou encore de la création d’oeuvre à la génération de format. En exploitant le contenu du web le duo français cherche à réinventer de nouveaux langages en s’appropriant le contenu afin de redonner de la valeur à des données qu’ils qualifient « d’insignifiantes » de part cette abondance d’image sur internet. En réintégrant des dispositifs complexes et narratifs, générés par des programmes algorithmique ou bien à l’aide d’images iconiques, ils cherchent d’une certaine façon à réactiver le contenu d’internet.

    Le projet « Ghost of your Souvenir », par exemple, est une série d’autoportrait réalisée à partir de photographies touristiques trouvées sur internet, ayant chacune pour point commun la présence du duo d’artiste en arrière plan. Il donne à se projet une dimension de performance et d’enquête. Car, pour réaliser ce projet, le duo a du se rendre à différents endroits du monde et y rester durant quelques heures afin de pouvoir retrouver ces photographies de touristes sur lesquels ils se trouvent afin de les exploiter par la suite. Il s’agit d’autoportraits réalisés à partir de l’oeil, de l’objectif de quelqu’un d’autre sans que celui-ci ne le sache. les deux artistes deviennent alors les sujets principaux de ces différentes photographies prises aux quatre coins du monde, mais toutes aussi communes les unes que les autres. Les deux artistes deviennent alors le lien entre ces differents contenus perdus dans les bases de données, et cherche à faire évoluer le regard que l’on porte sur la multitude d’images à prioris banales sur internet. RestitutionÉmilie Brout & Maxime Marion - " Ghost of your Souvenir "

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    Richard Prince - Wikipedia
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    Richard Prince - New Portrait - Wikipedia
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    Puis, avec un regard porté sur l'influence des algorythme dans notre société et sur internet, on trouve le projet World White Web, réalisé par Johanna Burai, consiste en une plateforme digitale qui propose de partager des images de main de couleurs différentes afin de faire entrer une diversité dans les résultats de recherches de Google Image en ce qui concerne la requête « Hand », «  Main » en anglais. Cette recherche sur Google Image est un exemple parmi tant d’autre qui fait de la couleur de peau blanche, la norme dans la société. Ce projet à pour but de refléter cette discrimination par rapport à la couleur de peau dans le monde en revendiquant une diversité dans les résultats de recherche. Le processus est simple, il suffit de télécharger différentes images de main proposé sur le site et de les partager sur différentes plateformes, comme Facebook, Pinterest, Twitter…

    Le principe est simple, il repose sur l’algorithme de popularité que nous avons étudié plus haut, plus les photographies seront partagées, plus elles apparaîtront sur le flux de notre moteur de recherche Google. Il s’agit d’un bel exemple de solidarité sur le web qui démontre comment il serait possible de prendre en main les algorithmes de calcul, comme le souhaiterai Dominique Cardon, dans son livre, « De quoi rêve les algorithmes ? ».
    Restitution Restitution Restitution Restitution Johanna Burai - " World White Web "
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    Enfin, pour shématiser au mieux cette idée de réactivation rendue possible par et pour la communauté, le projet « Interfacing the Law », « Interfacer la loi ». Ce projet repose sur un travail de collecte d’archives de la vie historique de la communauté de Vereniging Poortgebouw, basée a Rotterdam. Vereniging Poortgebouw est un bâtiment qui a été squatté pour la première fois en 1980 après sa légalisation. La légalisation a été rendue possible par sa rénovation en un espace habitable et grâce au dévouement du premier groupe de personne.

    Le but de ce projet est de créer une base de donnée locale afin de développer et encourager la collecte collaborative de documents qui permettent de rendre compte de la légalité du Poortgebouw. Avec la création d’une interface digitale destinée à la collection de document, l’idée est de créer une « machine archiviste » ouverte et active. Elle est pour cela construite sur la plateforme media-wiki afin de permettre au gens d’interagir directement avec les archives. L’idée de ce projet, est, je cite, «  d’imaginer l’interface de l’archive comme une fenêtre sur l’histoire du processus de légalisation de la communauté. ».
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    POUR
    CONCLURE

    Dans le chapitre « Le cerveau du jongleur » de « Internet rend-il bête ? », Nicholas Carr démontre que le net nous rend addict à l’information continue grâce à des stimulus visuels et auditifs permanents nous faisant perdre toute capacité à nous concentrer durablement, je cite « La nécessité d’évaluer les liens et d’effectuer des choix de navigation en conséquence, tout en traitant un tas de stimuli sensoriels fugaces, exige en permanence une coordination mentale et des prises de décision, ce qui empêche le cerveau de chercher à comprendre le texte ou tout autre information ». Les prises de décision se retrouvent dans toutes les interactions rendues possibles par la création de sites internet, pensés pour que leurs navigations soient la plus adaptée aux lecteurs, cependant au fur et mesure que l’on cherche à faciliter la vie du navigateur, nous lui modifions ses réelles capacités à travers une surcharge cognitive. C’est alors que les informations, elles aussi, se perdent dans des flux de surcharge continus.

    Selon Stéphane Hugon « L’histoire de la technologie va donc rompre la synchronicité des différents éléments constitutifs de notre culture de l’habitation du monde, l’espace existe réellement dans son unité que lorsque nous ne voyons qu’une partie, et que nous cherchons pas à séparer chaque élément et à les délimiter par un cadre.». C’est l’importance de la reconstitution mentale qui est mis en avant par Stéphane Hugon, il parle « d’une supposition qui anticipe sur ce que quelqu’un d’autre pourrait voir »,
    et « d’un espace socio-perceptif partagé ».

    La culture libre qui permet à tous les utiisateurs de modifier un document, de le traiter différemment, en y intégrant un nouveau savoir-faire ou bien un autre point de vue. L'invisibilité, la transparance, les filtres et calques qui viennent s'ajouter au fur et à mesure, et qui viennent perturber la traçabilité des informations trouvées sur le net. Participent tout autant à alimenter la matière première d'internet, notre imaginaire collectif, grâce à des évolutions et créations constantes.

    Il s’agit ici de se construire en commun, afin de trouver un point d'équilibre entre la multitude de possibilité que nous offre le web, notre besoin d'aller vite, et l'importance de comprendre l'environnement dans lequel on se trouve et les informations qui le composent.
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    ANNEXE

    BIBLIOGRAPHIE

    Ivan Illich. La convivialité. Points, 2014

    Gaston Bachelard. La formation de l'esprit scientifique. Chap. 1 La notion d'obstacle épistémologique. Chap. 2 Le première obstacle : l'expèrience premmière.
    Librairie J VRIN, 1934

    Stéphane Hugon. Circumnavigations l’imaginaire du voyage dans l’expérience internet. CNRS édition, 2010.

    Boris Beaude. Internet, changer l’espace, changer la société. FYP éditions, 2012.

    Nicolas Carr. Internet rend-il bête ?.
    Robert Laffont, 2011.

    Dominique Cardon. À quoi rêvent les algorithmes ?. Le Seuil, 2015.

    SITOGRAPHIE

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    https://conditionaldesign.org/

    Thierry Chancogne. Tombolo. Access to tools ou la valise du lecteur fantasmé
    http://www.t-o-m-b-o-l-o.eu/meta/access-to-tools-ou-la-valise-du- lecteur-fantasme/

    Thierry Chancogne. Tombolo. surfaces-profondeurs-adaptations- adaptabilites
    http://www.t-o-m-b-o-l-o.eu/meta/surfaces-profondeurs-adaptations- adaptabilites/

    Loraine Furter & Eric Schrijver. Public Domain Workshop MICA 2016
    https://furter.github.io/public-domain/

    Makery. Nicolas Nova Nicolas Nova voit du dada dans la data
    http://www.makery.info/2016/01/19/
    nicolas-nova-voit-du-dada-dans-la-data/

    Keneth Goldsmith. Ubu web
    http://www.ubu.com/

    Thierry Chancogne. Tombolo. Échologie du médium
    http://www.t-o-m-b-o-l-o.eu/flux/echologie-du-medium/

    Open Source Publishing. You need to copy to understand
    http://ospublish.constantvzw.org/blog/
    typo/you-need-to-copy-to-understand

    Future, Open Source Publishing, Relearn
    http://f-u-t-u-r-e.org/r/ 02_OSP_Relearn_FR.md

    Le manifeste GNU - Projet GNU -
    Free Software Foundation

    http://www.gnu .org/gnu/manifesto.fr.html

    Strabic. Joséphine Kaeppelin. JOSÉPHINE IS SURFING
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    Tristan Deplus. BASE - DD'AB - EESAB
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    Johanna Burai. World White Web
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    Joana Chicau. gn — Choreo
    https://joanachicau.com/

    Laurel Schwulst. Very Interactive
    http://veryinteractive.net/info

    Varia Centre for Everyday Technology
    http://varia.zone/en/

    The Autonomous Archive
    https://ffffffg.com/The-Autonomous-Archive

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